Réinventer l’épicerie

Le rôle du commerce de détail, dans l’évolution d’une filière est fondamental. Il peut en effet favoriser la rencontre, la compréhension voire l’entraide entre les producteurs et les consommateurs ou au contraire les freiner. Il peut créer des conditions favorables pour la recherche de l’intérêt commun ou au contraire le développement de rapports de force.

Ainsi, en plus de rendre les produits accessibles que ce soit en terme de prix, de proximité et d’informations, une des plus values potentielles du commerce de détail est de favoriser l’interconnaissance, aussi profonde que possible, et les synergies, entre ses fournisseurs, les producteurs, et ses clients, les consommateurs. Ces lieux de rencontre et de proximité pourraient alors contribuer au lien social et à la mise en pratique de valeurs telles que l’écoute, la solidarité, l’équité, l’engagement et la responsabilité.

C’est une des intentions de nombreuses initiatives citoyennes récentes qui émergent dans le monde entier à l’image des Amaps, des groupements d’achats, d’épiceries et de cafés participatifs.

Mais pour vraiment incarner cette intention, il faut qu’elle soit au coeur du projet et que les énergies des acteurs ne soient pas seulement consacrées à la fonction “matérielle” du projet : achat, logistique, vente, gestion, organisation, entretien du lieu,  … Ainsi la disponibilité des richesses humaines pour faire vivre des liens de qualité au sein de la communauté de consommateurs et de producteurs est souvent très faible.

En plus de l’intention et de la ressource, il faut aussi cultiver le savoir être et faire que l’on appelle parfois “facilitation de coopération et d’intelligence collective”, et parfois plus sobrement “animation”. Il est composé de compétences pour communiquer, pour organiser des rencontres et pour structurer une dynamique collective. Il nécessite aussi la maîtrise d’outils d’animation favorisant la coopération et l’intelligence collective en présence ou à distance.

Les commerces de détails qui souhaitent mieux valoriser ce potentiel de “synergies sociales” doivent donc au moins attribuer ce rôle de facilitation de la dynamique collective à une personne compétente et lui donner les moyens adaptés. Comme toute activité, cela peut commencer tout petit, l’essentiel étant de garder le cap et de progresser pas à pas. Ces savoir faire et surtout cette culture de la coopération pour le bien commun devront alors être diffusés dans toute l’organisation pour que chaque acteur, dans sa sphère de responsabilité, puisse créer et animer des cercles vertueux de synergies sociales.

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