La preuve par l’Agriculture Biologique

Cela aurait pu être le titre de cette émission de radio qui réunit deux agronomes reconnus pour nous dire clairement en quoi consiste l’agriculture biologique mais aussi l’agro-écologie, et ainsi sortir de nombreuses approximations qui circulent pour essayer de trouver encore des raisons de ne pas arrêter “la chimie dans les champs et dans les assiettes”.

Faut-il croire à l’agriculture urbaine ?

Personnellement, je compte plus sur exode urbain pour déconcentrer les villes et animer les campagnes que sur une production agricole en ville.

En attendant, les initiatives qui mettent un peu de vie en ville me semblent les bienvenues, surtout si, au-delà de la dimension de production, qui reste sauf exception symbolique, les lieux d’agriculture urbaine sont surtout une façon de cultiver des liens avec la nature et avec ses voisins.

Ce sont aussi des espaces d’innovations sociales et agronomiques qui peuvent compter sur un réseau international Agriville initié par une équipe de toulousains dont Camille Dumas, membre du laboratoire de recherche Certop – Axe Transition Ecologique.

Si vous voulez en savoir ou en faire plus, vous pouvez consulter le très riche site d’Agriville et participer aux 48 heures de l’agriculture urbaine les 4 et 5 mai prochain.

L’Agro-écologie en pratiques

Le succès croissant du “Bio” s’accompagne autant d’espoirs que de critiques. Une des raisons de sa réussite, la simplicité de sa proposition “cultivé sans biocides de synthèse“, est aussi une faiblesse car cela ne dit rien de plus sur le mode de culture et sur l’éthique de l’entreprise. C’est là que l’agro-écologie peut s’avérer complémentaire en proposant une véritable alternative agricole et sociale. Cette démarche est plus difficile à mettre dans des cases et donc à “garantir”, mais c’est ce que Nature et Progrès s’efforce de faire depuis 1964 en impliquant des consommateurs et des producteurs. On parle alors de Système Participatifs de Garantie.

Ainsi, si en plus de Label AB, vous voyez la mention Nature et Progrès, c’est bon signe. Vous aurez sûrement à faire à un producteur ou un transformateur indépendant et souvent artisanal et familial, et qui pratique une agriculture vraiment différente.

Pour en savoir plus sur l’agro-écologie sans vous prendre trop la tête, je vous conseille cette belle initiative, Osaé, qui veut justement aider les paysans à partager leurs pratiques et qui a réalisé la belle infographie ci-dessous.

Acheter bio moins cher et livré à domicile

Peut-on encore innover dans le mode de distribution ?

C’est ce que promet le site de vente en ligne “La Fourche” avec une idée assez simple s’inspirant de modèle qui marchent à l’étranger : remplacer la marge par une adhésion annuelle. Comme le résume très bien Valère Correard, co-fondateur et directeur Marketing, “La Fourche” propose “d’échanger du pouvoir d’achat contre de la fidélité“. Voici des bonnes bases pour une belle histoire d’amour … Ils auront besoin de 10 à 15OOO adhésions pour pouvoir équilibrer leur budget. Créé en juin 2018 et installés dans un quartier populaire, ils ont déjà un peu plus de 1000 adhérents et bénéficient de nombreux relais dans les médias.

Pourtant, ils ont été précédés de quelques mois par une autre “start-up”, aveyronnaise cette fois-ci, Aurore Market

Il va forcément falloir que ces projets, et tous ceux qui vont les suivre si leur modèle fonctionne, trouvent leurs spécificités, peut-être en s’appuyant vraiment sur une dimension communautaire, et donc sur des relais de proximité …

Des tiers lieux “alimentation”

Comme les épiceries participatives, les tiers lieux sont un phénomène “organisationnel” assez récent en France qui surfe sur l’envie de travailler et de vivre différemment, c’est-à-dire avec plus de liberté et plus de fraternité pour aider chacun à trouver sa juste place. Pour faire simple, ce sont des lieux physiques permettant d’y travailler et d’y passer un moment convivial, qui sont animés afin de favoriser de l’inter-connaissance et de l’entraide. La plupart sont généralistes mais certains regroupent des acteurs autour d’une thématique. J’en connaissais dans la culture, les technologies numériques (Fablab), dans l’économie solidaire, mais grâce à cet article j’ai découvert qu’il en existe plusieurs dans le secteur de l’alimentation dont le projet phare Foodentropie dans le château de Nanterre.

Ces communautés ancrées sur des espaces ont potentiellement plusieurs vertus. En effet, au-delà du développement d’espaces de travail et de vie de qualité, et de l’enrichissement du réseau relationnel de leurs acteurs, les tiers lieux peuvent favoriser les initiatives et les innovations. On comprend ainsi mieux l’intérêt et les questions que suscitent ces nouveaux outils du développement local.

Des recettes à impacts positifs

Je ne m’étais pas encore lancé dans la rédaction d’articles de recettes qui fleurissent sur internet. Mais il y a peut-être une place pour une sélection de “recettes à impacts positifs”. Je suis donc intéressé par vos recettes, plutôt simples, faciles, saines, économiques et gourmandes.

Pour illustrer mon propos, voici une recette de choucroute végétarienne que j’ai faîte seul tranquillement en 2 heures et demi pour 50 personnes, avec un budget de 1,5 euros par personnes, tout en bio bien sûr :

Ingrédients :

Epices : Clous de Girofles, graines de genévrier, cumin

Choux cru : 150 gr par personne

Patates : 100 gr par personne

Patates douces (et ou Butternut) : 50 grammes par personne

Oignons : 40 grammes par personne

Tofu Fumé Amandes Sésame ou Black Forest de Taifun : 20 grammes par personnes

2 cl litre de jus de pomme par personne

Recette :

Peler les patates et les patates douces

Découper les oignons et faites les revenir dans l’huile d’olive jusqu’à ce qu’ils jaunissent

Rajouter le Genièvre et les clous de Girofle et pendant la cuisson des oignons

Rajouter le choux cru non rincé et le cumin, puis après quelques minutes de cuissons avec les oignons rajouter le jus de pomme et un peu d’eau pour que cela puisse cuire à l’étouffée.

Rajouter les patates, les patates douces dessus, le Tofu fumé découpé en petits dés, et laisser cuire le tout dans les vapeurs du choux . Il faut compter une petite heure.

Avant de servir, vous pouvez mettre un filet d’huile de colza.

Voilà un plat de saison plein de bonnes choses, très léger et très digeste. Puis ce n’est qu’une invitation à explorer d’autres recettes à partir du choux cru lacto-fermenté aux multiples vertus que l’on trouve en magasin bio autour de 3 euros le kilo en seau de 5 kilos.

Les pionniers de la consom’action

A l’image de Nature et Progrès, pionnier de la Bio dès 1964, c’est à Artisans du Monde que l’on doit le développement du commerce équitable en France dès les années 70. Cinquante ans après, alors que ces deux mouvements de consommation responsable touchent enfin le grand public, je ressens beaucoup de gratitude pour le travail de ces défricheurs d’une économie plus solidaire et d’une agriculture plus écologique, d’autant plus qu’ils ne sont pas souvent sur le devant de la scène, ni parmi les leaders de ce marché en forte croissance.

Pourtant, ils sont toujours bel et bien vivants et proposent des produits d’une grande qualité gustative et sociétale. Ils recherchent une cohérence de la terre à l’assiette comme point commun.

Ils privilégient ainsi des démarches globales, sociale et environnementale, et donc évitent la distribution dans les grandes surfaces au profit de marchés, de foires ou de boutiques associatives .

Ces deux “labels” sont pour moi parmi les meilleures garanties d’une démarche radicale et globale, et donc des leviers et des boussoles pour la révolution des pois chiches.

Local ou bio, comment choisir ?

J’ai toujours été étonné d’entendre des personnes apparemment sensibles à l’alimentation de qualité me dire, “si c’est pas local, ce n’est pas du bio” ou encore “je préfère un produit acheté localement, au marché par exemple, même si ce n’est pas bio.” Je comprends très bien l’importance d’acheter autant local que possible que ce soit pour des raisons de transport ou des raisons de lien social, même si une étude sur les circuits courts montre que leur empreinte carbone est parfois très élevée. D’autre part la profondeur des liens sociaux ainsi que la réelle connaissance des pratiques des producteurs sur les marchés ou les épiceries de proximité ne sont pas toujours au rendez-vous.

Lorsque, je parle du bio, cela ne veut pas forcément dire avec un label, mais que je suis sûr que le producteur n’utilise pas de pesticides, herbicides et autres fongicides aux conséquences désastreuses à court, moyen et long terme sur les éco-système et le vivant, comme on le sait depuis les années 50 et la première lanceuse d’alerte, Rachel Carson… Quand je vois que presque 70 ans après … on discute encore de la nocivité du Glyphosate …

Cela me confirme que nos démocraties sont malades et que seules les initiatives citoyennes individuelles ET collectives peuvent vraiment montrer la voie. Donc si je veux que mon alimentation ait un impact positif sur le vivant en moi et autour de moi, ma priorité est d’acheter des produits bio, puis autant que possible des produits locaux, dans des lieux de distribution de proximité les plus éthiques possibles.

Peut-on être gros et bio ?

Au moment de choisir un aliment, j’ai tendance à privilégier les petites entreprises, la ferme à taille humaine, l’artisan transformateur, la boutique de centre ville. La rencontre avec les entrepreneurs est plus facile. Je peux mieux sentir si je suis sur la même longueur d’onde. Je soutiens une économie réelle souvent ancrée sur un territoire, où le projet est autant personnel que professionnel. C’est souvent une histoire de passion et d’engagement, une véritable aventure humaine, plus qu’une opportunité de marché ou de profits.

Mais alors que faire avec toutes ces entreprises de plus grandes tailles, de la PME à la multinationale ? Sont-elles toutes à mettre dans le même panier, et à boycotter autant que possible ? Je ne crois pas. Même si cela demande parfois un peu plus de recherche d’informations, il y a des moyennes et des grandes entreprises qui ont des projets d’une grande qualité et un impact positif important. Ce blog participatif peut justement servir à partager nos connaissances et nos expériences sur ces acteurs, comme je l’ai déjà fait avec les articles sur les Fralib et Ethiquable ou même Nutrinat.

A l’inverse, certaines recherches pourraient nous encourager à passer notre chemin devant certaines marques… En 2014, un travail d’enquête approfondi avait permis à Kokopelli de révéler l’offensive des multinationales de l’agro-alimentaire sur des acteurs du Bio en France.

Dans cette série d’articles “La Bio piratée” Kokopelli analyse les origines des fonds et les activités de ces grandes entreprises comme Hain Celestial et Royal Wessanen qui possèdent des marques bien connues comme Lima, Evernat, Bjorg ou Bonneterre, et bien d’autres. Ainsi, même si Bonneterre vient d’être certifiée B Corp, après avoir été labellisée Bioentreprise Durable, et que certains de ces produits sont délicieux, j’aurais tendance à préférer des alternatives indépendantes des marchés financiers, comme les marques du groupe Léa nature : Vitamont, Jardin Bio, Carte Nature, Priméal, Bisson, Pain des Fleurs.

Boire du vin en conscience et en confiance

C’est ce que nous propose Bruno Quenioux dans ce magnifique entretien sur les dimensions subtiles du vin. Boire ou manger en conscience est une étape essentielle et souvent négligée d’une consommation responsable. Essayez de manger dans le silence, extérieur et autant que possible intérieur, en prenant bien le temps de mâcher et d’apprécier les saveurs, les odeurs, les sensations, les émotions. Peut-être arriverez vous ensuite à parler de vos plats comme Bruno Quenioux parle des vins.